La traversée de l’Italie à vélo

balcon sur Florence
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

De la Lombardie aux Pouilles à vélo, récit d’un voyage cycliste

Ciao Bella

Pizza, pasta, Roma, dolce vita ! Italia… ma che bella ! L’Italie, c’est avant tout cette langue, riche de voyelles, qui entonne et égaye votre cœur autant que vos oreilles. Ce sont ces mains qui fendent l’air, inlassablement, pour ponctuer les phrases et donner corps plus encore au présent.

L’Italie c’est cette cuisine, bigarrée et savoureuse, ces paysages gorgés d’histoire, de vignes et d’oliviers, ce sont ces autochtones amènes et éloquents qui font de chaque moment un voyage dans le voyage. L’Italie, elle se rêve, elle s’envie mais surtout elle se vit. Et il faut le dire, on ne découvre jamais aussi bien un pays qu’en le parcourant à vélo. L’Italie, c’est donc le voyage à vélo qu’on s’était promis, là, au comptoir de Chez Luca, entre quelques notes de piano et un délicieux Limoncello. Traverser la botte, du haut de la tige jusqu’au talon, c’était le projet, la trajectoire globale du moins, avec pour seul point de mire celle belle région des Pouilles. Entre les deux, rien que la page blanche et le vélo avide d’y plaquer quelques tours de roue.  

duomo milano couple à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Une première étape de Milano à Lodi pour un peu de répit… 

Milan centrale, ici Milan centrale. C’est ici, au cœur de la Lombardie que débute notre aventure à vélo. Une première pizza pour se mettre en jambes, un détour par le mythique duomo et les premiers coups de pédales sont donnés. Direction Lodi pour un jour de répit dans un petit coin de paradis : La Gallina. Comme son nom l’indique, l’hôtesse de ces lieux n’est autre qu’une jolie poule curieuse qui aime à partager le petit-déjeuner avec ses cyclotouristes. Après deux nuits dans ce petit nid cosy, les batteries sont pleines. C’est au départ de cette chambre d’hôtes de charme que l’aventure est officiellement lancée.  

L’Italie, elle se rêve, elle s’envie mais surtout elle se vit.

À la rencontre de la belle Emilie-Romagne, terre de cyclisme

Cap sur Parme. Nous enfourchons le vélo à la première heure, le ciel est légèrement voilé mais pour la plus grande joie de Mélissa, le soleil aoûtien tient ses promesses. Fabien quant à lui, souffre de cette chaleur et des moustiques qui règnent en maître dans la plaine du Pô qu’il faut traverser. Après quelques heures à pédaler sous l’astre brûlant et l’air humide, nous profitons d’une halte à Cremona, sur la magistrale place centrale, pour goûter à nos premiers cappucini. L’impressionnante cathédrale nommée il duomo di Cremona nous domine. La ville de Crémone, berceau de l’art luthier, est célèbre tout autant pour sa culture que pour sa gastronomie : le nougat, le Provolone (un fromage à pâte filée) et les Tortelli (pâtes fourrées à la citrouille ou au parmesan et à la sauge). 

Nous laissons la Lombardie définitivement derrière nous pour aller à la rencontre de la belle Emilie Romagne. Les nombreuses voies cyclables offertes par la région nous permettent d’apprécier pleinement le parcours. L’air file dans les rayons et nous nous emplissons de ces collines verdoyantes et vallonées qui jalonnent le paysage. Après avoir flirté avec le Pô (le fleuve le plus long d’Italie) durant une bonne dizaine de kilomètres, nous finissons par l’enjamber. Parme est bientôt à portée de roue. Nous traversons la charmante commune de Roccabianca, riche de son imposante forteresse et finissons le trajet sur de paisibles voies vertes.  Nous arrivons peu après le temps méridien dans la capitale du bien-manger. Ville épicurienne par excellence, Parme, outre son célèbre jambon et son fameux parmesan, est aussi réputée pour ses incomparables tomates, ses champignons de Borgotaro, son vinaigre balsamique ou encore sa truffe noire. Nous découvrons une ville colorée, soucieuse de ses cyclistes autant que de ses piétons. Une ville au double visage avec un centre historique médiéval, tout en longueur, où trône le Palazzo della pilota (un ensemble d’édifices historiques dont le nom est dérivé du jeu de pelote basque), et une banlieue proche massive et peu esthétique. Le centre regorge de délicieux restaurants, il n’y a que l’embarras du choix.  

Entre les deux, rien que la page blanche et le vélo avide d’y plaquer quelques tours de roue.  

Le lendemain, nous nous réjouissons de pouvoir nous extraire rapidement de cette étrange banlieue pour retrouver le charme et la richesse de la campagne italienne avec ses vignobles et ses divers arbres fruitiers (oliviers, châtaigniers, noisetiers…). Nous roulons sur les parcours de notre Escapade gastronomique à vélo en Emilie-Romagne que nous recommandons à tous les gourmands. Bien que l’altitude soit plutôt basse, les montées n’en restent pas moins abruptes. Les efforts fournis trouvent récompense dans les panoramas sublimes rencontrés aux sommets et dans ces descentes sinueuses sensationnelles. Qu’il est plaisant de se laisser glisser dans les vallons après les kilomètres de platitude offerts par la plaine du Pô. 

Bologne la rouge

Au terme d’une journée avoisinant les 130 kilomètres nous arrivons dans le chef-lieu de la région d’Emilie-Romagne : la sublime Bologne. Elle est sans doute la ville la plus typée d’Italie. On la découvre toute parée de rouge et d’arcades. On la surnomme d’ailleurs la ville des Portici (arcades). Et pour cause ! Dans son seul centre historique, Bologne ne compte pas moins de 42 kilomètres d’arcades. Un héritage architectural et culturel qui s’est d’ailleurs vu classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2021. Après le coucher de soleil, nous déambulons avec allégresse sous ces fabuleux portiques et devant pléthore de belles adresses gastronomiques. Le hasard des ruelles nous conduit dans une petite épicerie tenue par une charmante nonna, qui a depuis bien longtemps passé l’âge de la retraite mais qui préfère de loin continuer à égayer les cœurs et les papilles des touristes venus découvrir le coin. Nous en ressortons avec un sac rempli de raviolis ricotta épinards. Les meilleurs que nous n’ayons jamais mangés ! Bologne, une ville de contrastes où l’on oscille en permanence entre traditions et modernité. Une soirée mémorable qui donne envie de vivre cette ville pendant plusieurs semaines afin de pouvoir profiter de tous les attraits dont elle dispose.   

paysage de la Toscane
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Toscane, mon amour

Au matin, le réveil se fait en douceur sur les pédales, le long d’un faux plat montant. Petit à petit la pente s’exagère, jusqu’à 15% sur certaines portions, pour nous amener jusqu’au sommet qui avoisine les 1000 mètres d’altitude. Et sur les pentes qui séparent encore l’Emilie Romagne de la Toscane, la pluie s’invite pour la première fois du séjour. Nous nous réfugions dans le village de Monghidoro, haut perché sur sa crête où se termine le marché matinal. On se réchauffe et se régénère avec une belle cuisine rustique dans une vieille taverne sombre aux murs épais.

Dans l’après-midi et pour notre plus grand bonheur, le soleil refait surface. En roue libre sur près de 20 kilomètres, nous profitons pleinement de cette entrée en Toscane. Le relief étant, les petites routes se font plus rares et la circulation plus dense. Pour tenter de s’éloigner des camions et des voitures auxquelles les italiens sont si attachés, nous nous aventurons dans une vallée plus étroite. La cartographie nous joue des tours et la route devient rapidement un chemin caillouteux. Plus on s’enfonce dans la montagne, plus le chemin devient dangereux sur nos montures chargées et chaussées pour le goudron. Nous descendons des vélos pour franchir les derniers hectomètres d’une descente devenue abrupte avant un petit passage à gué. Se dresse alors face à nous, la montagne et le chemin pour se hisser à son sommet. Celui-ci nous présente une pente qui avoisine allègrement les 25%. Rien à faire, il nous faut pousser encore un peu. Une Fiat Multipla, 4 roues motrices, nous oblige à nous écarter du chemin quelques secondes. Nous lui laissons la voie libre. Elle aussi doit lutter contre la gravité. Il n’y a vraiment qu’en Italie qu’on peut voir ça…

Florence

Après cet effort pour le moins laborieux, nous découvrons notre premier panorama sur la ville de Florence. La silhouette de la ville est pareille à une carte postale de l’Italie. On se jette à corps-perdu dans cette descente de près de 15 kilomètres qui nous achemine dans la capitale Toscane, heureux de retrouver une belle route à vélo et de voir les paysages défilés rapidement avec des pointes à 65 km/h.  

Dès notre arrivée à Firenze (Florence), nous sommes saisis par l’architecture des lieux, emblème s’il en est de la Renaissance. Malgré l’insupportable saturation touristique des rues, nous prenons tout de même le temps jeter un œil à l’immuable Duomo. Singulier dans sa forme néo-gothique et ses couleurs extravagantes, nous immortalisons l’instant. Avant que le soleil ne décline tout à fait, nous profitons d’un Spritz en terrasse. Ici les oreilles ne se nourrissent malheureusement que de français, d’allemand, d’anglais ou d’espagnol alors pour se rappeler à l’Italie nous décidons de nous offrir de typiques ravioles à la truffe et une excellente gelato (crème glacée en italien) qui s’avèrera être la meilleure de tout le séjour (pas étonnant quand on sait que c’est ici que cette gourmandise rafraichissante a été inventée).

San-Gimignano route vignoble
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

San Gimignano pour un peu de repos

Nous ne nous attardons pas plus dans cette ville bondée et repartons dès le lendemain pour la campagne Toscane. A l’horizon, les collines toutes parées de cyprès et d’oliviers, ondulent fièrement. Après chaque virage, un panorama digne des plus belles cartes postales, nous émerveille. La Toscane possède indéniablement un charme outrancier.  A vélo, on s’amuse des pentes plus ou moins raides qui offrent autant d’effort que de sensations de glisse. Nous sommes encore à 25 km du but mais déjà, nous apercevons, perché sur les hauteurs, le magnifique village de San Gimignano. Nous le rejoignons pour le déjeuner. 

La Toscane possède indéniablement un charme outrancier.

Après 400 kilomètres, c’est ici, à San Gimignano que nous décidons de nous octroyer un peu de repos. Nous quittons temporairement nos cuissards pour nos tenues d’été. Nous profitons des petites ruelles en brique ombragées et grimpons au sommet des tours qui dominent la région. San Gimignano est plutôt calme en ce début septembre. Aussi, nous en profitons pour laver un peu de linge et écrire quelques bribes sur ces premiers jours à vélo et ces mille et unes émotions qui nous habitent. Nous nous ravitaillons par un petit tour chez le célèbre glacier champion du monde. Oui, ici c’est aussi un sport.

Pour profiter pleinement de ces paysages de carte postale de la Toscane à vélo, nous vous recommandons vivement ce séjour cyclotouriste de Florence à Pise qui traverse les plus beaux villages de la région.

Sur le Paris-Roubaix italien

En quelques heures, 1 jour et 2 nuits, les jambes et mollets sont comme neufs. De San Gimignano nous remontons en selle et prenons la direction de Siena (Sienne). Nous roulons sur une terre de cyclisme devenue célèbre en quelques années grâce aux Strade Bianche, une course cycliste professionnelle spectaculaire qui se déroule chaque année au début du mois de mars. Le Paris-Roubaix italien en quelque sorte.

Chemin de gravier à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Les Strade Bianche

Les Strade Bianche, ce sont ces chemins blancs caillouteux et carrossables qui traversent de part en part la région pour connecter toutes les villas et les parcelles agricoles au réseau routier. Avec l’émergence de la pratique Gravel (qu’on peut traduire par une pratique sportive du VTC. Le vélo est proche d’un vélo de route avec des pneus plus larges passe-partout. Les vélos avec lesquels nous réalisons ce voyage à vélo en Italie sont des Gravels que nous avons équipés de pneus route larges en prévision de ces passages dits gravel et pour le confort qu’ils procurent sur la longue distance). Ces chemins non goudronnés risquent désormais de le rester pour ne rien gâcher de cette course spectaculaire. Des milliers de cyclistes du monde entier viennent désormais se régaler de ses pistes italiennes tout au long de l’année.

Puisque toutes les routes mènent à Rome, autant choisir les plus belles.

Siena

Avant d’atteindre la célèbre Piazza del Campo de Siena, nous goûtons justement à nos premières Strade Bianche. Un régal pour Fabien, pour qui c’est un semblant de Paris-Roubaix, une course qu’il affectionne tant. Pour Mélissa, l’appréhension de perdre l’adhérence dans ces chemins poussiéreux demande plus de concentration. Ce parcours à la fois mythique et bucolique nous guide jusqu’à la très belle ville de Sienne. Ces petites rues pavées circulaires nous amènent indubitablement à la Piazza del Campo où se juge l’arrivée de la classique cycliste.

Cette place est aussi et surtout célèbre pour ses compétitions de Palio, ces courses ancestrales de chevaux qui voient s’affronter dans la ville les équipes constituées par quartier. Représentées par un étendard animalier, les équipes ont érigé dans les rues de leur quartier des plaques visant à rappeler toute l’année à qui les habitants ont ici prêté allégeance. C’est une forme plus moderne de chevaux qui ce jour-là nous réserve une belle surprise avec un défilé de Fiat 500 anciennes qui, en complément des bâtiments historiques de la ville, donnent, plus encore, l’impression d’un saut dans le temps. En fermant les yeux, le klaxon typique nous replonge dans les années 50.  

La Toscane à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Toscane du sud

Un cornetto (croissant italien, souvent fourré) et un cappuccino plus tard, nous voilà de nouveau en selle à pédaler sur les Strade Bianche pour traverser la Toscane à vélo. Plusieurs dizaines de kilomètres nous séparent encore de notre prochain ravitaillement, le village perché de Montalcino. Beaucoup plus calme, cette cité est la porte d’entrée d’un paysage plus montagneux que le sud de la Toscane présente. Nous nous régalons en terrasse de spécialités locales. Autour de nous, des randonneurs à pied. Le tourisme n’est plus celui, de masse, de Florence ou de San Gimignano et ça fait du bien.

Village de Toscane

Sur les pentes d’un volcan

A partir du village de Seggiano, Fabien retrouve les routes d’un précédent séjour, passé à récolter les olives pour en extraire leur nectar. Sur ces belles routes montagneuses bordées de châtaigniers, les derniers kilomètres ardus jusqu’à Castel Del Piano n’en restent pas moins très agréables puisque bercés par un magnifique soleil couchant. Nous sommes chaleureusement accueillis par Cristiano et son très bon Français, dans un appartement familial, pareil à un chalet de montagne. Nous nous y sentons tout de suite très bien et nous regrettons déjà de ne pas y passer quelques nuits supplémentaires. Mais nous comptons bien profiter pleinement de la belle soirée qui s’offre à nous. En effet, le village est en effervescence. Elle accueille pour l’occasion le célèbre Palio, une course événement sous forme de joute équestre où les 4 districts de la ville s’affrontent. Nous ne boudons pas notre plaisir et prolongeons notre balade au cœur des petites ruelles médiévales. Nous atteignons un petit promontoire, caché, qui surplombe la vallée. Le coucher de soleil rougeoyant auquel nous assistons ce soir-là est inoubliable

Toutes les routes mènent à Rome… 

Aujourd’hui, le programme ressemble à une étape du Giro d’Italia ! L’étape démarre par l’ascension du Monte Amiata. Un volcan qui domine le centre de l’Italie. La route est goudronnée et bordée de chênes et de châtaigniers. La pente est douce et plutôt régulière. Ce qui n’empêche pas Fabien d’éprouver quelques difficultés à suivre le rythme sportif de Mélissa, très en jambes depuis le départ de Milano. Nous montons tranquillement jusqu’au sommet qui culmine à 1670 mètres d’altitude. La forêt de feuillu où sont disséminés de beaux chaos de roche granitique est charmante et n’est pas sans nous rappeler notre belle Bretagne. Elle recouvre tout le Monte Amiata qui n’offre par conséquent aucun panorama à son sommet. L’ascension n’est donc que pour le plaisir de l’effort !

On se sent privilégié de pouvoir rouler ici, mettant nos roues dans celles des chars romains qui passaient là il y a 2000 ans. 

Ravioles Italiennes
© Mélissa Plaza – Abicyclette Voyages

Ravitaillement italien

Après un petit ravitaillement bien mérité au restaurant d’altitude, nous entamons une descente de près de 40 kilomètres en direction du lac de Bolsena. Nous rejoignons sans beaucoup d’effort donc, le superbe village de Sorano construit à flanc de falaise dans une gorge étroite. Après le déjeuner la descente se poursuit jusqu’au lac de Bolsena, où nous décidons de passer la nuit. Il faudra une deuxième journée pour atteindre la capitale italienne. 

Au rythme des lacs. Nous quittons celui de Bolsena pour rejoindre celui volcanique di Vico, puis le très beau lac de Braciano. Arrivés à Trevignano Romano, on découvre une très belle adresse, le Bistrot 8e9, où l’on déjeune en terrasse, les yeux oscillant entre nos assiettes et le paysage offert par le lac à nos pieds. Un moment aussi exquis qu’inattendu. 

La ville de Romme de nuit
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

La ville éternelle

Et puisque toutes les routes mènent à Rome, autant choisir les plus belles. On se faufile pour tenter d’éviter un maximum de circulation. Un cycliste local nous emmène dans sa roue pendant quelques kilomètres alors que le trafic s’intensifie à l’approche de la ville éternelle. Nous pénétrons dans la ville aux 7 collines où nous avons trouvé un bel appartement pour la nuit, à 2 pas des beaux quartiers historiques. Toute la soirée, nous déambulons dans les rues animées de Roma, du Vatican à la Fontaine de Trévise en passant par la Piazza di Monte Citorio.  

Chemin pavé entouré d'arbres
© Mélissa Plaza – Abicyclette Voyages

Et si on retrouvait la mer ?!

Au petit matin, on laisse, non sans regret, Rome derrière nous pour rejoindre la côte. Après cette traversée intérieure chaude et montagneuse, l’envie de baignade se fait sentir. L’étape démarre par un itinéraire antique sur la via Appia. Quelques kilomètres sur une voie pavée (Fabien jubile, Mélissa est secouée), sertie de colonnades, de palais et de villas effondrées de l’Empire Romain. On se sent privilégié de pouvoir rouler ici, mettant nos roues dans celles des chars romains qui passaient là il y a 2000 ans. 

Sur la route de Naples

On remonte vers le lac d’Albano et la route, bien que belle, s’avère très (trop) circulante. On roule en file indienne, luttant contre le vent et serrant le bas côté pour éviter l’accident. Pour la première fois, nous nous sentons en danger sur la route. Les poids lourds ne nous tolèrent pas ici et nous le font comprendre. Les automobilistes ne s’occupent pas plus de ce qui arrive en face pour effectuer leur dépassement. Cela nous vaut quelques belles frayeurs. Nous n’insistons pas et bifurquons dès que possible pour rejoindre quelques axes moins directs mais plus sûrs. A l’approche du bord de mer, les derniers kilomètres jusqu’à Sperlonga, notre ville étape, sont un peu plus agréables. Une halte de deux jours dans cette station balnéaire où nous profitons, de la mer Thiréenne, ajoute à l’aventure un parfum de vacances. Tout proche de Naples, on y mange les meilleures pizzas de notre séjour.  Comme quoi, même pour les grands classiques de la cuisine italienne, il reste un savoir faire ancestral inimitable !

C’est encore loin les Pouilles ? 

Quelques kilomètres de côte encore, jusqu’au joli port de Formia. Puis, nous retrouvons, non sans joie, nos petites routes de montagne qu’on aime tant grimper et dévaler à vélo. Sur le trajet, nous prenons le temps de cueillir les quelques figues fraiches qui nous font de l’œil depuis leurs arbres nichés en bordure. Nous filons tranquillement jusqu’à Campagnola, qui n’est pas sans nous rappeler la célèbre marque italienne de dérailleurs et de roues de vélo (installé au nord de l’Italie à Vicenza, Campagnolo était la Rolls Royce des pièces de vélo à la fin des années 80/90). Au cœur d’une succession d’épingles, nous sillonnons les routes vallonnées rapides et ludiques où l’on glane de belles sensations. Arrivés dans la vallée, nous traversons l’Autostrada del Sol et un restaurant s’offre enfin à nous. Un restaurant d’autoroute certes, mais la foccacia et la mozzarella, produites dans la fabrique attenante, nous régalent. Nous venons en effet de pénétrer dans la région de Campania, territoire d’appellation et de production de la célèbre mozzarella.  Le long de la rivière Volturno, une route en fond de vallée, plate, nous permet de rejoindre sans difficulté Telese Terme. Nous avons décidé de contourner Naples pour éviter le trafic. Nous y reviendrons sans doute par d’autres voies, un autre voyage, une autre fois.

La ville de Matera de nuit
© Mélissa Plaza – Abicyclette Voyages

Matera, lumineuse et surprenante

Avant de quitter Telese Terme, nous comptons les jours nous séparant de notre remontée en train des Pouilles à Milan/Paris/Rennes. Le bilan est sans appel, il ne reste plus beaucoup de temps si l’on veut profiter à la fois des paysages uniques qu’offrent les Pouilles et de quelques jours de repos pour conclure ces vacances à vélo. Aussi nous décidons de rejoindre à vélo, au travers du vignoble la gare de Benevento, d’où nous prenons un train pour Bari. Puis par une liaison de 70km, nous rejoignons la ville de Matera, une incontournable du Sud de l’Italie, et sans conteste l’une des plus belles cités antiques. Heureusement, nous en avons gardé sous la pédale pour arpenter cette ville lumineuse et escarpée, située à flanc de coteaux. Elle est truffée de maisons troglodytes, de musées, de monuments et de belles églises. Matera est éblouissante, de jour comme de nuit. Sa blancheur inscrivait déjà la promesse des Pouilles.  

La Vallée de l’Istria à vélo

Après une nuit dans cette ville lumière, nous poussons les pédales sur une douzième étape qui doit nous amener dans les Pouilles, le terme de notre séjour. Mais elle est grande et longue cette région qui forme le talon de la botte italienne. Au vu du nombre de jours restants, on a décidé de se concentrer sur la Vallée de l’Istria, laissant ainsi de côté la pointe du talon, le Salento, pour une prochaine aventure à vélo. En effet il nous aura manqué presque une semaine pour pouvoir descendre à Lecce et à Leuca. Ça sera l’occasion de revenir faire un tour plus complet des Pouilles à vélo.  

Traversée d'un village à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Trulli des Puglia

Cette dernière étape itinérante nous emmène donc par la vallée de l’Istria jusqu’à la ville de Martina Franca où notre délicieuse hôte Francesca nous attend. Sur la route, nous nous arrêtons déjeuner à Alberobello et prenons un café à Locorotondo, deux villes magnifiques, tout de blanc vêtues, qui sont l’archétype historique des communes de la région. Francesca, notre hôtesse pour les cinq prochains jours, nous reçoit comme jamais nous n’avons été reçus. Sa maison se compose de trulli, ces huttes en pierres sèches et surmontées d’un toit en encorbellement (c’est l’habitat typique des Pouilles) et se trouve être un véritable havre de paix. Chaque trullo est meublé avec beaucoup de goût et le jardin, planté au milieu des oliviers est un coin de paradis. Nous y passons un séjour mémorable, doux et reposant, couronné d’un dîner aux chandelles exquis dont nous nous souviendrons. 

Durant ces quelques jours, nous poursuivons notre découverte des Pouilles à vélo. Nous pédalons tout d’abord jusqu’à la toute blanche Ostuni. La Vallée d’Istria offre un paysage tout bonnement somptueux et par ailleurs incomparable à toutes les autres régions d’Italie. Les petites routes nous font serpenter avec délice entre les oliviers et autres arbres fruitiers. De jolis murs de pierres délimitent les parcelles et les trulli partout se dressent fièrement. Là encore, on se ravitaille avec les figues sauvages trouvées ça et là. 

Prendre le train à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

TrenItalia, train & vélo

Rassérénés, nous embarquons à bord du train interrégional à Taranto, en direction de la côte Adriatique. Un train qui, depuis Monopoly nous emmène jusqu’à Raven, nous fait traverser la plaine du Pô par Bologne, Modène et Parme… doux souvenirs de ce début de voyage. Nous arrivons à Milan, au crépuscule. Le temps d’une nuit, nous profitons encore de l’Italie. Demain nous serons de retour à Paris, puis dans notre belle Bretagne. L’Italie à vélo, c’est un joli cadeau… à portée de train. TrenItalia vous offre la possibilité de voyager avec votre vélo démonté et placé sous housse. Le train interrégional bénéficie quant à lui, d’un raque à vélos spacieux. A ce sujet, vous pouvez lire notre article dédié au voyage à vélo à l’aide du train.

L’Italie à vélo, c’est un joli cadeau… à portée de mots. Parce qu’il est des promesses qu’on ne regrette pas. Et l’Italie est définitivement de celle-là !

Équipement vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

L’Italie à vélo du Nord au Sud avec le GPS TwoNav Cross

Encore une fois, le GPS de TwoNav, s’est révélé être un allié de choix, sûr et confortable pour s’orienter dans la campagne italienne et sélectionner les meilleurs itinéraires. Adaptés quotidiennement à notre avancée et à nos forces, nos itinéraires étaient ensuite chargés dans les appareils. Les applications Komoot et Mapy.cz nous ont permis de retracer notre route au fur et à mesure que nous affinions notre lecture de la cartographie italienne dans l’évaluation des différentes qualités de revêtement.

Avec le Cross, la marque catalane propose un GPS vraiment abouti qui nous suit sur toutes nos aventures. On vous le propose également sur nos séjours à vélo.

Toscane à vélo
© Fabien Leduc – Abicyclette Voyages

Guide Voyager à vélo à l'étranger
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