Votre musette de voyage : l’étoffe d’une aventurière
08 septembre 2026

Musette Abicyclette Voyages x diFférent.e | Mon histoire
“Rien ne me prédestinait aux vacances. Rien.
A l’origine, je suis un morceau de tissu militaire. Robuste, déperlant, et quelque peu intrépide, je le concède. Capable de supporter sans broncher les intempéries, les terrains difficiles et les charges lourdes. J’ai été conçu pour durer. Mais vous le savez, l’humain voit souvent trop grand. Alors après avoir vu le départ de mes camarades, on m’a laissé croupir dans l’entrepôt.
Mon destin, dès lors, semblait tout tracé. Une vie à prendre la poussière avant une possible destruction. Mais les plus belles aventures commencent parfois là où l’on si attend le moins.
Un jour, 2 femmes ont décidé que je méritais mieux.

Une seconde chance
Cap à l’ouest ! La Bretagne, j’en avais entendu parler et j’avoue que j’avais quelques appréhensions. On m’avait dit : Tu verras, là-bas, il pleut à l’horizontal et les galettes sont une religion ! Bon, vous connaissez comme moi les humains et leur tendance aux raccourcis de pensée… Tout avait été évidemment très exagéré.
J’ai donc atterri ici, dans cet atelier engagé dans l’upcycling textile. J’ai rencontré des mains expertes, de gens venus, eux aussi, se réinventer. Manipulée, soignée, maquillée par une entreprise qui favorise l’emploi de personnes en situation de handicap fut un honneur. Et dans un parcours de seconde chance, tout cela a beaucoup de sens pour moi.
A cet instant, j’ai cessé d’être un simple morceau de tissu. J’ai fait peau neuve pour devenir cette belle musette, votre fière compagne de voyage. Chacune de mes coutures raconte une histoire, un savoir-faire, une reconstruction. Car chacun ici est investi dans un parcours de réinsertion.
Et vous savez, cette histoire n’a pas seulement changé ma vie. Par le réemploi et en évitant la production d’une matière neuve, j’ai permis d’économiser environ 7,74 litres d’eau. Je ne prétends pas changer le monde. Mais je suis fière d’en alléger un peu sa peine.
On a apposé la marque Abicyclette Voyages sur mon torse. J’avais hâte d’en savoir plus. Et voilà que quelques jours plus tard, j’arrive à Rennes chez Abicyclette Voyages, j’étais prête pour une nouvelle aventure.
Ici, personne ne me considère comme un simple sac. Non, on me prépare avec beaucoup de soin. On m’a dit que j’allais partir en voyage et que j’allais donner du sourire au gens. Petit à petit, je prends du poids, je prends de la responsabilité et je prends soin de votre carnet de route que j’accueille. Le GPS aussi. Les documents de voyage et quelques petites attentions… Mais surtout, je prends du galon. Car je comprends vite que je serai la première à vous rencontrer, vous voyageurs à vélo. Et vous savez comme moi que nous n’avons jamais deux fois l’occasion de faire une bonne première impression.
Le début de nos aventures
Je suis souvent le premier objet que l’on tend lors de l’accueil. Je vois les sourires un peu timides et les regards impatients. J’entends les dernières recommandations avant le départ. Puis, ma bandoulière passe d’une épaule à l’autre et c’est ici que tout commence.
Pendant quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, je vis au rythme de vos étapes. Je m’installe sur une terrasse le temps d’un café. Je vous accompagne au marché pour composer un pique-nique. Je prends quelques gouttes de pluie, un peu de sable, parfois même quelques miettes de kouign-amann. Je garde tout ça pour moi. C’est aussi mon métier.
Puis arrive le dernier jour de votre voyage. On retire le GPS. Le carnet de route trouve sa place dans votre boîte à souvenirs ou sur l’étagère.
Contrairement au reste de l’équipement, moi, j’ai l’honneur de continuer mon chemin avec vous. Je deviens le sac de courses, on m’arbore fièrement sur la place du marché. Je suis celle qui vous accompagne à la plage, à la salle de sport ou au bureau. Je deviens la musette inséparable.

J’aime cette idée-là.
Continuer à voyager, même loin des itinéraires cyclables.
Et au fond, c’est peut-être ça, ma plus belle victoire. Montrer aux humains que chaque objet en ce monde peut avoir plusieurs vies.
La mienne ne fait que commencer…”

