RAPHA FESTIVE 500 – 2016

500 KM du 24 au 31 décembre 2016

Retour sur ma première Rapha Festive 500.

Fabien Leduc

 

Dimanche 25 décembre 2016 – Saint-André-des-Eaux (Bretagne, France)

Dans la maison familiale, il est 9H. Au pied du sapin, le père noël ne s’est pas trompé, il a apporté une musette en cuir, directement venue des ateliers Rapha.

J’ai déjà revêtu mon casque et mon collant cycliste. Je regarde le sapin une dernière fois. Il est l’heure de prendre le départ de ma première Rapha Festive 500.

 

 

 

 

 

2016 représente pour moi une année de remise en selle après 5 années de pratique irrégulière. Avec quelques amis, nous nous sommes fixés quelques beaux projets sportifs pour l’année 2017, motivant une reprise assidue. De nouveaux objectifs, rien de plus important pour trouver la motivation d’organiser son planning pour aller rouler, pour accepter les premières sorties sans sensation, les douleurs dans les jambes, les fesses dures, les poumons asphyxiés…

Au printemps prochain, pour fêter les 7 ans d’Abicyclette, nous partons traverser la France du Nord au Sud en 7 jours et 7 étapes. 1100 km de Saint-Malo à Sète, avec 11 000 m d’ascension cumulée. Un tel projet demande une capacité d’endurance, physique et psychologique, une capacité de récupération pour enchaîner les étapes, une capacité musculaire pour affronter le vent, les cols, les kilomètres… Une bonne préparation sur plusieurs mois est donc nécessaire.

La Festive 500, voilà plusieurs hivers que ce challenge me taraude. Mais le manque de préparation, d’autres priorités et objectifs – qui ont laissé le vélo prendre la poussière – m’ont toujours fait renoncer à l’idée de se lancer dans cette petite aventure sportive. Bravo à l’inventeur de la Festive 500, l’idée est simple : 8 jours, 500 km à parcourir entre le réveillon de noël et celui du nouvel an. A l’heure où les journées sont les plus courtes, souvent froides et humides, où les après-midis et soirées se prolongent à table pour des repas gargantuesques, il faut parcourir 500 km à vélo.

En cette fin d’année 2016, j’étais prêt pour prendre le départ de ce challenge sans besoin d’autre motivation que celui de le finir et de partager ces efforts avec mes proches.

 

Première étape : Prologue de 60 km – Saint-André-des-Eaux – Redon

Après un digne repas de noël, une petite nuit de réveillon, il faut déjà quitter ses frères et sœurs, ses parents et ses oncles et tantes pour rejoindre la belle famille. Elle nous attend pour le déjeuner du 25 décembre. Alors en selle pour 2 heures de vélo en guise de mise en jambe !

Une petite pluie fine ce matin là, une bruine bretonne, m’obligent déjà à revêtir l’imperméable. Mais la douceur des températures – environ 12°C – et le vent dans le dos m’ont offert de superbes sensations. Je n’aurai pu espérer mieux pour renforcer la motivation alors qu’il reste après ce prologue, 440 km à parcourir en 6 jours.

 

Mardi 27 décembre 2016 – Rennes

2 jours avant le début du challenge, j’avais réalisé une sortie de 136 km en solo pour le plaisir et en guise de préparation. Aussi, avant de m’attaquer aux deux plus grandes étapes, j’ai profité de la journée du lundi pour finaliser le programme de la semaine en l’adaptant aux dernières prévisions météos et aux projets des amis.

 

Deuxième étape : 141 km Rennes – Nantes

Dans un challenge comme celui-ci, il est primordial de profiter du soutien de ses proches. Profitant du voyage de ma compagne Magali, à Nantes, j’avais décidé de la suivre jusqu’à la cité des Ducs de Bretagne à vélo. Une bonne occasion pour faire un repas de fin d’année avec notre ami Ben.

Ce mardi matin, je me suis réveillé avec un mal de crâne léger, conséquence certaine de la très mauvaise nuit passée. Serait-ce du à un mélange d’appréhension et d’excitation ? Malgré moins de 5 heures de sommeil, pas question de reporter l’étape. L’activité physique est en général assez efficace contre le mal de tête. Les autres conditions étaient parfaites : ciel bleu azur, vent faible, soufflant de côté. Seules les températures avaient chuté de moitié, m’obligeant à revoir mon équipement.

L’important sur une étape de 5h environ, c’est de bien s’alimenter tout au long de la sortie. Il faut éviter bien sur la fringale mais également les digestions difficiles. J’aime bien avoir du salé dans les poches car je me lasse assez vite des barres énergétiques ou de céréales sucrées. Aussi ce jour là, j’avais préparé dans mes poches : 2 minis sandwiches de rillettes de sardines maison, une barre de céréales aux graines germées, quelques Mulebars. Dans les bidons, j’additionne à de l’eau plate un demi-sachet d’Hydrenergy 4. (La meilleure boisson isotonique qui soit selon moi, pour ses qualités nutritionnelles, sa digestion aussi facile que de l’eau du robinet, et une grande efficacité musculaire (récupération, anti crampe)).

Je profitais tout au long de cette étape de belles lumières. Les rayons du soleil se reflétaient dans la rosée posée sur les prairies de la campagne vallonnée. L’étape fut belle, rapide, et j’entrais dans Nantes un peu après 15h. Heureux de retrouver Mag et Ben pour partager mes sensations et préparer un bon dîner.

Nous partageons tous les 3, une curiosité et gourmandise pour les bons vins, les bons plats faits maisons et les la convivialité de la table. Quoi de plus agréable que de partager un bon dîner entre amis après une bonne journée de vélo hivernale ?! Après de franches rigolades et de longues discussions à refaire le monde, accompagnés par quelques verres de Coteaux de l’Aubance et autres toasts de foie gras, il fallait songer à rejoindre nos chambres. Sous la couette, l’agréable sensation d’avoir rempli ma simple mission m’a offert un endormissement rapide !

 

 

Mercredi 28 décembre 2016 – Nantes

Après l’étape de 140 km et la bonne soirée gourmande, la nuit fut particulièrement bonne. Aussi, je me suis réveillé ce matin là, plus en forme que la veille. Pas de douleur dans la tête mais les jambes un peu plus raides. Ben nous avait préparé un vrai petit déjeuner de sportif : Muesli croustillant faits maison, pain brioché aux fruits secs, fruits, compotes et confitures maison.

Un petit coup d’œil aux prévisions météos pour les 4 journées nous séparant du réveillon du nouvel an : soleil au rendez-vous, vent quasi insignifiant. Seule la baisse nette des températures pouvait gêner un peu la progression. Mais globalement, ces données météos m’ont fait penser que tout était réuni pour aller au bout de cette première Festive 500 sans douleur ! 

Troisième étape : 142 km Nantes – Rennes

Les parcours itinérants sont plus intéressants et motivants que les boucles. Ce challenge offre une belle opportunité de tracer des itinéraires nouveaux pour découvrir des routes et villages que les non cyclistes ne traversent presque jamais. Il était plus agréable de remonter sur Rennes par un nouvel itinéraire que de reprendre la route en sens inverse. J’avais décidé de passer plus à l’ouest, cela ne rallongeait que très peu le parcours, mais augmentait sensiblement le dénivelé.

Je suis rapidement sorti de Nantes. Pour remonter vers le nord, j’ai traversé la ZAD de Notre Dame des Landes (Zone d’Aménagement Différé ou Zone A Défendre, c’est selon…), territoire du projet de nouvel aéroport de la métropole. C’est un lieu particulier qui témoigne de la lutte qui se déroule pour la sauvegarde de cet espace naturel. Le célèbre logo jaune et rouge représentant un avion barré est peint à même les hangars agricoles, sur les façades des maisons ou sur des panneaux plantés dans les jardins. Ce qui m’a le plus surpris c’est la neutralité du bourg de Notre Dame des Landes, situé un peu plus au nord. Ce pourrait être n’importe quel village, aucun élément ne rappelle les conflits

Après quelques dizaines de kilomètres à travers champs et forêts, j’atteignais les 50 km de cette troisième étape. Atteindre 50 km représentaient déjà le mi-parcours du challenge, j’avais parcouru 250 km depuis le 24 décembre.

Un peu plus loin, une ancienne voie romaine m’emmenait à Guémené Penfao pour traverser la belle vallée du Don. La route devenait plus vallonnée au fur et à mesure de mon approche de la Vilaine. J’ai longé le fleuve pendant 40 km environ dans de beaux espaces naturels accidentés et forestiers comme au Rocher de Corbinières.

Tout au long de cette étape, je me suis économisé. Je ne savais pas trop comment le corps et surtout les jambes auraient réagis à 280 km en 2 jours. Je n’avais pas fait ça depuis des années. Alors au 110e kilomètre, voyant que j’avais encore des jambes, j’ai accéléré. Je profitais ainsi de davantage de sensations. Ce fut une récompense personnelle de constater que j’avais retrouvé une endurance permettant de se lancer dans ce type d’effort.

Au soir de cette troisième étape, j’avais parcouru 343 kilomètres. Et j’avais une sérieuse envie de dormir !

 

Jeudi 29 décembre 2016 – Les Ponts de Cé (Val de Loire, France)

Réveil matinale pour rejoindre en voiture, cette fois ci, les copains, sur Angers. Sympa de se retrouver pour les fêtes de fin d’année ! Nous avons profité de cette belle matinée sur les bords de Loire pour une course à pied d’une dizaine de kilomètres. Très bonnes sensations et une vraie récupération active avant les 2 dernières étapes de ma Festive 500.

Ce qui rend ce challenge si particulier, c’est les plaisirs qui l’entourent, qui ne sont pas de tout repos. Repas pantagruélique, soirées arrosées des grandes bouteilles que l’on conserve pour les belles occasions. Moments de convivialités, de complicité, d’amitiés… Une chaleur humaine qui réchauffe le corps et l’esprit après 5 heures passées dans le froid. Parfois, on se surprend à envier ses collègues de l’hémisphère sud, engagé dans le même challenge. On se dit qu’ils doivent bien rigoler à nous voir rouler emmitouflé, tandis qu’ils sont en cuissard. Mais eux, ont-ils sur la table le petit morceau de foie gras, la dinde aux marrons ou une tartiflette en guise de ravitaillement ? Certes, ce servir une 4e part de ce Reblochon ramené de Haute-Savoie par Pierro et Leslie, avec un nouveau verre de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, ce n’est pas, à première vue, la chose la plus raisonnable pour la récupération du sportif. Mais la Festive 500 c’est ça : le challenge de rouler gourmand, la peau du ventre bien tendu. Et puis, les kilomètres restant à parcourir élimineront vite ce qu’il y a de trop ! Aussi, « Pierro, je reprendrais bien une tranche de ton excellent Reblochon ! »

Donc, après un copieux brunch, que Nico prépare comme personne, une nouvelle étape se dessinait déjà : rejoindre la grande famille de Pierro, réunie au complet, pour savourer une véritable tartiflette savoyarde ! Sportif ! On a dit que c’était un challenge…

 

 

Vendredi 30 décembre 2016 – Saumur

Au réveil, nous découvrons avec Pierro un brouillard épais, du givre sur les voitures et sur la toiture de la maison. Au thermomètre, il y a -3°C. Comme le dit la chanson : « et quand il fait -3, il fait froid ! » (Sanseverino).

Quatrième étape : 32 km boucle VTT dans les bois de la Breille-les-Pins

On s’habille chaudement. Cette étape forestière sera pleine de souvenir. Nous y avons beaucoup randonné à VTT, 10 ans auparavant. Mais aucune visite depuis 3 ou 4 années. J’y est ressortie mon premier vélo : un Lapierre Alu de 2002 avec lequel j’ai tout appris et que j’ai récemment remis sur roues pour profiter de parcours VTT roulants.

Sur les chemins tortueux et secs de la forêt, nous traversons le brouillard et tentons de nous réchauffer les doigts qui supportent mal la température et l’humidité. Nous faisons le plein de bonnes sensations dans des descentes ludiques et nous nous tirons la bourre dans les raidars. Nous partageons quelques bonnes histoires pour réchauffer les esprits. Rapidement, on se sent bien. La magie du vélo…

375 km étaient parcourus, les 3/4 du challenge. Il me fallait regagner Rennes dans la soirée pour préparer les festivités de la nouvelle année. Il reste 24h pour parcourir les 125 km manquant au compteur.

 

Samedi 31 décembre 2016 – Rennes

Cinquième étape : 125 km boucle à l’Est de Rennes

Dernière journée pour accomplir ce challenge. Dehors, chose plutôt rare en Bretagne, le givre a recouvert tous les végétaux. Cela offre un paysage féerique. Les températures restent basses, -3°C, et le ciel est couvert. Aucune hésitation à prendre le départ. Il faudrait une vraie tempête pour me faire rester à la maison si près du but ! Je prends donc ce que j’ai de plus chaud : gants polaires et imperméables, sur-chaussures néoprènes, bonnet… Couvert ainsi, l’entrée dans le froid s’est fait sans douleur. Après quelques kilomètres dans un paysage littéralement figé, j’eu la belle surprise de découvrir un paysage tout blanc, enneigé. Sur la route, quelques centimètres de flocons s’étaient accumulée ici et là, m’obligeant à ralentir la vitesse et à être plus précis dans ma trajectoire. Ce fut un moment très spécial de mon challenge. L’impression de vivre pleinement ma Festive 500. Comme si jusque là, les conditions avaient été trop clémentes pour avoir le sentiment de réaliser quelque chose. Une sensation également d’être chanceux de pouvoir profiter de ces conditions offrant des paysages rares, remarquables. J’ai croisé un seul cycliste durant mes 125 km. Sans doute que seule la Rapha Festive 500 vous met en selle dans ces conditions ?!

Après 2 heures de froid, l’eau chaude de mes bidons commençait à geler. Après 3 heures, il n’était plus possible de s’hydrater, les bidons n’étaient plus que 2 gros glaçons. Je n’avais jamais connu pareille expérience ! Encore 50km et les jambes tournent bien. 40 km, le froid commence à me saisir mais la maison n’est plus très loin. Je pense déjà à la bonne tisane fruitée, bien chaude qui m’attend ! 26 km, j’entre dans ma dernière heure de vélo de cette première Festive 500, dernière heure de vélo de l’année 2016. 15 km, « Allez, c’est fait je suis presque au bout ! ». Il ne peut plus rien m’arriver… 10, 9, 8 ,7 , 6, 5, 4, 3, 2, 1, Bonne année !

 

502,6 km parcouru entre le réveillon de noël et le réveillon du nouvel an.

 

 

Epilogue

Cette première Rapha Festive 500 représente pour moi une belle renaissance sur le vélo et je suis heureux d’avoir pu le partager avec tous mes proches.

  • Un grand merci à toi, mon amour, Mag, qui m’a accompagné et soutenu sur le plan mental et sur le plan logistique. Sans ton soutient, je n’aurai pu le faire.
  • Merci à vous, la famille pour m’avoir suivi et encouragé !
  • Un grand merci à toi Ben pour ton accueil et cette belle soirée nantaise !
  • Merci à vous Nico et Leslie pour ce brunch fabuleux et ces si bons moments entre vieux amis !
  • Un grand merci à Catherine et Michel pour votre accueil toujours aussi chaleureux et agréable dans votre belle demeure et famille !
  • Merci à Leslie de m’avoir prêté un peu de son Pierro, ça m’a fait vraiment plaisir de pouvoir passer du temps ensemble avant votre grand départ !
  • Un grand merci Pierro pour m’avoir accompagné durant ses 32km (les seuls de cette Festive 500 que je n’aurai pas parcouru en solo !), c’était bon de pouvoir partager tout cela avec toi !

 

Et merci à la marque Rapha d’avoir créé un challenge aussi stupide que génial. Vivement l’année prochaine !